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Archive 08
Cie LA TETE DANS LE SAC
(Marionnettes, Genève)


Avec Vagalame, Bec de gaz, Oeil de bœuf, Le Bedeau, Daisy Kiami, Conchita Conchas, Bouzille, La Grande Ernestine, et probablement : Sûreté Juve et Jérôme Fandor.

Fantômas, né un certain jour de février 1911, inspira à Pierre Souvestre et Marcel Allin « un extraordinaire roman fleuve, plein de vie et d’imagination, écrit n’importe comment mais avec beaucoup de pittoresque » disait Apollinaire. Après s’être aléatoirement réparti la lecture des 12 800 pages du roman, les marionnettes et marionnettistes de « La tête dans le sac » proposent une interprétation libre et collective du mythe de Fantômas. De quoi réveiller les rues sombres des bas-fonds et les double-fonds des castelets, de quoi faire causer les improbables Bec-de-gaz, Bouzille, Oeil-de-Boeuf, Grande Ernestine, de quoi rendre fou l’inspecteur de la Sûreté Juve.

« On a pu écrire que ce siècle était une invention de Fantômas. C’est fort probable, et tout continue de le prouver. Il a le style du feuilleton délirant. »
Alexandre Vialatte.

Ils ont fait une réunion et ils ont dit : « création collective sur thèmes en -ion- ». Ils ont parlé « autogestion », « équitation », on a ajouté « avion à réaction » puis on a renoncé parce qu'on n'a pas réussi à la onstruire alors on a tous été d'accord pour dire « drame équestre » et on s'est mis au travail. Zéfiro, dit « le nouveau », il voulait rien faire. Il a dit : « vous pouvez fuir et agir, vous pouvez rester sur place et agir, vous pouvez même vous cacher et agir ». Erik Erikson avait dit ça. On n'a pas su quoi dire alors on s'est gratté la tête et on a mis nos sacs dessus.

C'est Roberto dit Cranajour qui nous a sortis de cette situation difficile. Il nous a dit que son arrière grand-père, Roberto dit Cranajour de son vivant, marin de son métier, disait toujours : « Mon p'ti Roberto, dans la vie, en cas de tempête, chante nom de dieu chante ». Alors Ginette nous a servi des grappillons et on a chanté « Mi dispiace di morir ma sono contento ». Alors, la Petite a dit qu'elle avait un meeting féministe à Berlin, alors on a revu notre calendrier de création en -ion-, on l'a accompagnée et on a pensé qu'on pourrait faire un spectacle polyglotte sur l'émancipation féminine.